La perma-couture pour fil conducteur

20 avril 2017

Quand l'improbable devient réalité

Notre séjour à Villemagne l’Argentière fût de courte durée. Parfois ça ne passe pas entre les gens, ce fût le cas sur ce site . Ce que le voyage m’a appris, c’est que tout n’est pas toujours de ma faute,  ou de celle de Pierrot ou des enfants, que nous ne sommes pas de mauvaises personnes. Mais  que  parfois, les connections ne se font pas, tout simplement parce que nous sommes tous différents, n’avons pas les mêmes attentes ou juste parce que le feeling n’est pas bon..Nous avons donc repris la route un peu au hasard, nous dirigeant déjà vers Perpignan où nous n’étions attendus que 3 semaines plus tard. Et c’est là que l’improbable s’est produit :

Quelle est la probabilité de rencontrer Johnny Deep à la boulangerie un Dimanche matin … ?

 Sans doute pas plus que celle qu’un inconnu vous arrête sur la route en vous faisant de grands signes, debout juste à côté de sa voiture,  pour vous inviter à passer 3 semaines chez lui et sa famille.

Alors non, je n’ai pas encore rencontré Johnny Deep un Dimanche matin (je dis « encore » parce que je sais que cela arrivera un jour).Mais un inconnu nous a bel et bien arrêté en nous faisant de grands signes depuis le bord de la route.  On s’est bien sûr arrêté.

Nous avons passé 3 semaines chez Tomas, Laetitia et leurs deux petits gars Milo et Nesta.

Arbre en fleurs

3 semaines à vivre dehors en permanence.  Abrités la nuit dans la tente, le jour  sous le hangar aménagé comme un sympathique et  chaleureux appartement.  Pour la douche c’était dehors aussi  (mais Mars dans le Sud c’est comme  Juillet en Alsace, alors plutôt relax les douches…), les toilettes sèches idem, en extérieur . J’ai d’ailleurs découvert, en les utilisant, que c’était plutôt chouette de faire son truc avec vue sur le  paysage environnant..

Quand les enfants n’étaient pas occupés à se régaler, tout comme nous,  des délicieux repas préparés par Laetitia, ils couraient  à la « chasse » aux fourmis,  lézards, grenouilles, crapauds, tritons , scolopendre annelé.. L’émotion la plus forte fût la découverte d’une couleuvre à collier (animal « convoité » depuis de mois !!)

scolopendre

Triton

Fourmis

couleuvre à collier

Après une étude sérieuse et très précise (attention, on ne rigole  ici avec les batraciens et les reptiles !)les animaux étaient bien sûr relachés dans la zone où les enfants les avaient capturés. Il faut avouer que parfois les adieux fûrent difficiles, pour les enfants. Les petites bêtes, moins émotives, filaient sans demander leur reste !!

mesure crapaud

Idix, malgré sa ferveur , n’a rien pu observer de près… 

Idix

Pierrot quant à lui, a passé beaucoup de temps à étudier le terrain (même les jours de grosses grosses pluies !!) afin d’en faire le design permaculturel. Je n’ai pas eu le droit de poster la photo de son dessin car il estime qu’il a encore trop de boulot à faire dessus..mais si je négocie bien, je pourrais vous le montrer bientôt !

Il a aussi travaillé sur le poulailler, car les 3 grâces présentes sur le site (Magellan, Bip-Bip et Messrine) fans de confort, trouvaient leur poulailler moins attrayant que le hangar, son confortable canapé et surtout le seau de compost de la cuisine…

poulailler

Mesdames  ont donc à présent une jolie maisonnette avec pondoir et semblent satisfaites .

De mon côté, j’ai passé 3 semaines formidables, non seulement parce que je me sentais comme avec  des amis de toujours, mais aussi parce que Laetitia voulait, depuis longtemps, apprendre la couture !!! Ce fûrent donc  3 semaines d’atelier permanent : Le bonheur c’est simple comme la couture ! Laetitia était non seulement très investie mais aussi particulièrement douée !!

laetitia

Entre les pochettes, les rideaux et la housse de  coussin pour Brandon le camion , le temps a filé à toute vitesse ..  !! et vite est venu pour nous le temps de reprendre notre voyage. Mais nous nous sommes promis un autre passage chez nos nouveaux vieux potes et  Juin sera l’occasion de joyeuses retrouvailles !!!

Nous sommes à présent  sur un site splendide juste au dessus d’Amélie les Bains, dans la montagne.

Accueillis au sein d’une famille adorable (encore de nouveaux vieux potes..) avec pas moins de 6 joyeux et bruyants enfants. Autant vous dire que pour nos petits gars c’est la fête tous les jours !!

Mais, ici personne ne parle le français (pour le moment..) Alors après presque 3 semaines à ne parler qu’Anglais, je deviens ..euh..How you say that in French again ?..like..euh comme ..Comme Jean Claude Vandamne :)

A tout bientôt for la suite !!

Bisoux de la Hippie familie !!!!!!!!

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22 mars 2017

Interview et découvertes, Février un mois faste

 

Nous sommes parti de la Clédelle le 5 mars. Pour un nouveau wwoof à Villemagne l'Argentière. Et on y est déjà plus pour des raisons que l'on tentera d'expliquer dans un prochain poste. Cela nous a donné l'occasion de passer quelques jours chez ma grande amie Delphine à Frontignan et de rencontrer sa collaboratrice en permaculture Chris' qui est une femme charmante énergique et vachement calée :)

De là notre route devait nous amener autour de Perpignan, mais les aléas du voyage en ont décidé autrement. Je ne me penche pas sur ces étapes pour le moment, voici quelques détails que nous avons à rattraper sur les quelques dernières semaines.

Nous n'avons pas acheté de pain ce mois-ci. Tous les 2 jours, j'ai fait 2 kilos de pâte avec un levain qu"Antoine m'a passé à Saint Felix ;) Merci Antoine ! Je suis obligé d'y mettre un peu de froment pour que ça panifie un peu, mais j'y ajoute toujours du sarrazin (miam), de l'epeautre, du seigle ou même du maïs ... Le résultat est un pain assez ferme mais très savoureux et nutritif. C'est le pain que j'aime voir sur la table et faire son pain est toujours un facteur de stabilité.

La recette, si ça tente quelqu'un ;) se trouve dans la rubrique "Recettes" en haut à droite de l'écran.

Je vous raconte ça parce qu'on a eu une discussion/interview avec Françoise cette semaine et que la problématique de l'alimentation est centrale pour qui veut évoluer en autonomie partielle ou "hors-système".

L'idée de l'interview nous est venu car nous rendons régulièrement compte que les supermarchés nous possèdent et que hors période de wwoofing nous y laissons beaucoup d'argent. Nous essayons de nous approvisionner à la biocoop, nous y cherchons systématiquement farines et produits secs, mais y faire toutes ses courses ne convient qu'aux gens aisés ou à ceux qui ont prévu de ne pas survivre jusqu'aux prochaines courses.

Donc, manger bien est exclu quand on est aux minimas sociaux. Ce qui est dégueulasse en soi. Mais alors comment font les posts hippies, les anar', les zonards, les rêveurs, ceux qui sont pauvres exprès ? Les idéalistes ne mangent pas de la merde, or ils sont souvent à la dèche, comment font-ils ?

C'est là que nous avons fait le recoupement avec Françoise. Cette maman et sa fille vivent dans le Tarn avec très peu de ressources. Mais ce n'est pas n'importe quelle maman, elle a beaucoup vécu dehors et avec très peu de choses, elle ne travaille pas parce qu'elle à mieux à faire de son existence. Sa fille est non-sco depuis toujours. Françoise n'est donc pas quelqu'un qui s'en laisse conter. Alors comment fait-elle pour manger à hauteur de ses aspirations et rester en bonne santé ?

Voici les propos recueillis lors d'un après-midi passé avec Françoise et Cyann. Ces quelques questions nous ont servi de trame :

Comment devient-on un non-consommateur ?

-Comment éviter les supermarchés ?

-Quelles stratégies pour se nourrir qualitativement, place du bio?

-Réduction des déchets, économie d'énergie

-Achat en gros ?

-Auto production, cueillette sauvage, glanage ?

Françoise et sa fille Cyann sont arivées pile à l'heure du goûter avec des galettes de sarrasin aux petits légumes. De notre côté, la brioche levait, cet après midi "interview" commençait plutôt bien !! Assis devant notre tisane de verveine, notre échange commença:

Pour Françoise le mot d'ordre est organisation, les courses ne sont pas faites au hasard et les commerçants sont sélectionnés selon des critères précis; Elle fait une utilisation séléctive des grandes surfaces, privilégie les magasins bio et le marché de producteurs du samedi matin.

Avec un budget plus que serré, Françoise et Cyann cuisinent et mangent de manière qualitative et savoureuse. A leur table, pas de plats touts faits, mais des recettes simples et saines réalisées pour leur qualités nutritives et leur bon goût. La simplicité est de mise, des légumes frais, des céréales, des légumes secs;..Les huiles jouent aussi un rôle essentielle : colza, olives, sésame et huile de noix avec parcimonie (son prix étant vraiment trop élevé). Le glanage et la cueillette sauvage ne sont pas des pôles importants dans la vie de Françoise mais elle s'y adonne avec plaisir aux cours de balades et conaît les plantes et leurs vertus...

Avec Françoise, et depuis que nous sommes en voyage, nous avons re-découvert la notion de frugalité. Et si l'on sort de nos habitudes de pensée et de nutrition, la frugalité apporte une réponse à nos questionnements sur l'équilibre alimentaire. Sans pour autant manquer ou se priver et en prenant même du plaisir !

A la maison pas de frigo et c'est un choix : pas de système de réfrigération, pas de perte. Les restes sont consommés au repas suivant. Les économies d'énergie sont une préoccupation financière mais aussi et surtout écologique; Il en va donc de même pour le gaz. Pour cuire les pâtes, elle monte l'eau à ébullition, verse les pâtes dans la casseroles, met un couvercle et ..éteint le gaz. Perso, on y aurait jamais songé, et ça fonctionne tout aussi bien, cela prend juste un peu plus de temps.

Merci Françoise pour tes réponses éclairantes et tes petites recettes dans la page "Recettes !!"

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Edwige et moi avions un défi tricot depuis le mois d'octobre. Eh bien, ça y est, j'ai fini mon pul à la mi-févrierl. Mais je n'ai pas battu Ed qui en a fait 2 dans le même temps :(

Mais celui-ci est pour Grande Ginette, alors on est à égalité, 1 pull partout !

 pull

Les gars se sont mis aux romans. Ca aussi c'est une petite victoire à mettre sur le compte du mois de février. Nous n'en faisons pas un plat, mais ils semblent tous les 2 avoir décidé qu'un bon livre n'a pas forcément d'images.

 Ne pas tourner en rond a été important ce mois-ci. Alors, j'ai également ressorti mon ukulele. J'ai décidé que j'avais le temps et que soit je fantasmais de jouer, soit je jouais vraiment. Je me suis penché un peu sur la théorie et j'ai enfin compris comment se composent les accords de bases. Et j'ai pompé quelques tunes sur internet :

- Ziwbabwé de Bob Marley

- La bodega des Négresses vertes

- All I want de --- Bo du film Juno de Barry Louis Polisar

- Superstar de Sonic Youth

Je ne vous fais pas encore de démo, mais ça se fera ! Je vous vois d'ici me mettre au défi ;)

De mon côté, j'ai finalement mis ce mois à profit. J'ai fait de grandes découvertes. Comme, par exemple, que je peux mettre les chaussures de chéri sans enlever mes chaussons (c'est rudement pratique !). Ou que la physique quantique c'est fun, même si j'ai rien compris à cette histoire de chat dans une boite ou de particules sensibles à notre regard..( mais c'est ce qui expliquerait les coups de foudre d'après Berlu. Il précise: surtout avec les jeunes filles blondes  ..). J'ai repiqué des fraisiers de Feu sur Air  dans un jardin Mandala, rebaptisé les oiseaux du coin avec des noms qui correspondent à leur chant : le télégraphe, la belle-mère.. J'ai tricoté des chaussettes pour des bâtons..Je suis remontée sur des patins à glace (spéciale dédicace à toi Delph!!) et je n'ai même pas chu ! .J'ai aussi lu quelques bouquins vraiment sympas (vous trouverez tous les détails dans la page Bibliographie du voyage). Mais surtout, j'ai renoué avec la couture !!!  Au bout de 3 semaines (où comme par hasard, il faisait un vrai  temps d'hiver ..), j'ai remis le pied à la pédale et c'était reparti comme en l'an 40 ! Je me suis aussi trouvé une nouvelle addiction : la broderie. Les gamins m'ont décerné mon diplôme officiel de grand-mère lorsque je me suis mise au tricot alors je m'investis dans le rôle :)

Là, nous sommes dans un endroit incroyable avec des gens adorables en train de vivre une histoire vraiment particulière, touchante et peu commune.qui mérite encore plus que les autres d'être narré.

On vous embrasse fort !!!

La Hippie family !!

 

 

 

27 février 2017

De la deconstruction.

Nous sommes à La Clédelle depuis presque un mois. Au départ, l'idée était d'être en vacances, mais on s'est rapidement senti un peu déboussolés. Rien foutre n'est décidement pas notre trip, enfin, nous verrons un peu plus loin que cet état de fait n'est pas là par hasard. C'est un caractère durement acquis.

Perce-neige fév 17

Je dis rien faire, mais ce n'est pas vraiment le bon mot. Nous avons fait plein de choses, mais nous les avons fait sans but, sans ligne directrice, ces choses n'appartenaient pas à une démarche. Nico nous avait laissé une liste de petites choses à faire. On en a fait la plupart, construction de toilettes sèches, confection de petits sacs en toile, repiquage ... Comme une tempète est aussi passé par ici la semaine dernière, nous avons fait un peu le ménage ; Fuite d'eau sur le toit, arbre tombé sur la propriété ! Avec les enfants on a patiné, fait une cabane de la mort

Cabane Fév 17

Cabane 1 Fév 17

Cabane 2 fév 17

Cabane 3 fév 17

Cabane 5 fév 17

...et des flèches polynésiennes, des tonnes de gateaux. Eux sont toujours à fond sur les serpents et autres bêtes bizarres. Ils ont capturé pleins de lézards, construit des terrariums et ont fait éclore des oeufs de grenouille :)

Terrariums les gars 2 Fév 17

Terrariums les gars Fév 17

Lézards 1 fév 17

Lézards Fév 17

Ne pas avoir d'inspiration nous a mis dans un état déplorable, alors le 21/02, on s'est mis en quête de notre prochain wwoof. Confiants et déterminés ! Ca nous a donné un bon ballon d'oxygène. Je croyais qu'Edwige en avait vraiment assez, je me suis dis qu'elle avait besoin d'un point fixe pour finir le séjour. Du coup, j'ai demandé à Nico et Marion si on pouvait rester chez eux jusqu'en juin. Mais le moral est si bien remonté quand on s'est vu en mouvement vers d'autres horizons qu'en fait ça aura été inutile. Edwige a envie de finir ce qu'elle a commencé, big up !)

Mais, nous trimballons un chien gravement névrosé. Je sais pas, il a du être abusé par son père quand il était jeune ou un truc du style, ou bien il a été le seul survivant d'un crash d'avion ...

Avant hier matin, au reveil, ledit chien avait litéralement mangé la moitié du montant de l'abri à bois que j'avais aidé Nico à monter avant l'hiver. Quelle misère ! Du sabotage en bon et dû forme, un vrai massacre ! Ca nous a instantanément refoutu le moral en vrac et je dois dire que tout à coup je me suis senti comme un boulet par chien interposé.

Action, réaction (à peu prêt le pire projet de vie), on s'est relevé et on a dissimulé le forfait :) Ce n'était pas un mince affaire et j'ai failli succomber à l'injonction intérieure me dictant de démonter entièrement l'abri. Il faut savoir qu'il fait genre 6*2*2.5m, avec des contreventements partout, au moins 250 tuiles sur le toit, des tiges d'aciers sortant de parpaings pour stabiliser la base et j'en passe ...

Pour finir, j'ai étayé, zappé le poteau, enlevé une rangée de tuiles et reconstruit le tout en partant du bas (le fameux fer à béton). Chirurgie réparatrice effectuée dans la journée. A certains moments, j'étais torse poil dehors, il faisait bien chaud et au bout du compte, j'ai pas mal kiffé :) Mais de là à dire merci au chien, quand même pas ! Nico, si tu me recois, pardon d'avoir touché à ton oeuvre ...

Abri bois 2 fév 17

Abri bois 3 fév 17

Abri bois 4 fév 17

Abri bois 5 fév 17

Abri bois 6 fév 17

Or donc, ce petit mois de repos, n'a pas été de tout repos. Nous sommes un  peu désorientés et nous sommes un groupe. D'où une conjonction de tendances contradictoires. Quand je suis seul et livré à moi-même, je tourne en rond et je regresse vers ce que la vie à de plus essentiel et de primaire (qui suis-je, où vais-je, pourquoi erre-je tant ?). Quand je suis en groupe, comme vu lors d'un poste précédent, j'ai tendance à me refugier dans les stratégies connues même quand elles sont insatisfaisantes (mater des films, boire des coups...).

Il va de soi que tout ce blabla n'est pas très divertissant, mais d'une certaine manière, comme le fil conducteur "perma couture" n'a jamais vraiment existé dans le réel, c'est l'expérience grandeur nature sur nous même qui devient l'objet principal de ce voyage. En effet, notre fameux slogan a très vite été relégué à un plan accessoire tant le quotidien nous a absorbé. Nous avons dû faire preuve de pas mal de résilience, pouvons-nous en déduire que nous sommes un système social permaculturel réussi ? Peut-être :)

Comme je ne vais pas vous raconter ce que je bois, je vais plutôt me pencher sur ce à quoi se réduit mon existance quand rien n'est disponible pour la remplir. Car il s'agit bien de cela, quand l'ennui gagne et que je suis incapable de trouver l'inspiration, ni la motivation seul. C'est le fait de le ressentir comme un problème qui est malheureux, car faire les choses sans but, c'est simplement profiter du moment présent.

Mon rêve lointain est de me retrouver avec mon terrain pour y construire mon lieu. Mais ai-je la culture de ce genre de vie ? La réponse est implacable, c'est non ! Pour ne pas se perdre dans notre reflexion voici une définition  neutre de ce qu'est une culture : "La culture est l'ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, ou normes propres à un groupe humain, à une civilisation."

Le fruit de ma recherche, qui n'est en rien une lamentation, est que je ne me reconnais d'aucune culture et que c'est sans doute mon souci vital le plus déroutant. Je ne suis pas paysan, je ne connais pas le rythme et la succession des saisons en milieu rural, je ne suis pas citadin, le ville me stress et me met en colère. Je n'appartient à aucun groupe auquel je pourrai me conformer. Je n'ai pas la culture de l'expression artistique, ce qui me fait cruellement défaut ... Oui, le désoeuvrement à fait ressortir le déraciné qui est en moi pendant un temps que j'aurai pu consacrer à la méditation ou au ressourcement, mais ce n'est pas ma culture non plus. Même si des ouvertures vers ces domaines ont taillés des brèches dans mon monde désolé. Une culture ne s'acquière pas (à part quand elle est générale :), c'est elle qui vous adopte !

Et là, il y a un gros souci selon moi. Nos enfants sont prêts de nous tout le jour et nous voit sans but. Quelle culture leur transmettons nous ? Sans doute aucune, si ce n'est celle de la contestattion. Genre, votre projet de société ne nous intéresse pas, mais on ne fait rien à la place ... Ca coince !

Quel est mon moteur ? Mes initiatives sont orientées par ce que je sais que l'autre attend de moi. Je suis le meilleur des assistants, mais je ne serai jamais un bon porteur de projet ! Je n'ai pas le sens de l'objectif à atteindre que prodigue l'appartenance à une culture donnée.

J'ai pas mal lu aussi pendant ce mois. Les abeilles, l'écoconstruction, les greffes ... que du manuel technique, j'ai une vie trépidante ;) Mais parmi ces lectures, j'ai terminé "Le concept du continuum" de Jean Liedloff. Ledit concept est une intuition de l'auteure qui est tellement simple et efficace, que revisiter son existence au travers de ce filtre est une aventure absolument effrayante. Autant du point de vue de sa propre enfance que de celle que nous proposons à notre progéniture.

L'approche scientifique n'est pas très recevable. L'auteure généralise en partant d'observations sur une seule tribu primitive au sein de laquelle elle à pu vivre un certain temps. Dans les points négatifs, certains de ses exemples sont un peu navrants. Mais ce n'est pas grave, l'important est le voyage proposé.

En gros, un bébé en naissant a un certain nombre d'attentes instinctives multi millénaires sur ce qui va se passer. L'une d'elle est qu'il sera au chaud et en sécurité. Ses manques seront comblés immédiatement par une mère qui sait ce qu'elle fait. Il apprendra comment le monde fonctionne depuis les bras de sa mère ou de celui qui en à la charge. Le résultat étant, selon ses observations, un enfant souple, ouvert et sachant ce que l'on attend de lui. Un enfant capable de se prendre en charge très tôt. Etant un être sociable et positif, il se conformera aux attentes de son endo-groupe, comme une partie d'un tout. 

Dans la société et la culture moderne occidentale, les bébés sont délaissés, mangent de la merde en boite et sont livrés à l'angoisse quand un manque les fait souffrir et que l'on croit salutaire de les laisser pleurer de désespoir, seuls. Le résultat est aux antipodes du bébé primitif, à savoir un enfant raide, caractériel et ne sachant pas du tout où se situe sa place ; Un enfant inapte à vivre ses envies, sa curiosité, dépendant et gauche ...

C'est un résumé rapide et bien sur je ne vais pas généraliser, mais il y a comme une petite leçon à prendre sur l'origine de notre société à la con et sur nos valeurs et priorités idiotes. Ne pas écouter son instinct dans son rapport à son bébé, c'est comme le priver de sa capacité à vivre sa propre vie dans la joie et la sérénité.

C'est l'un des phénomènes que l'on peut observer au travers d'expériences comme celle que nous vivons depuis 6 mois. On sort de sa zone de sécurité volontairement et là on se rend compte à quel point il est difficile de se réapproprier sa vie, de briser les multiples chaînes qui nous maintiennent dans un état d'aliénation permanent dont certaines personnes n'ont même pas idée. Car un conditionnement vraiment réussi est celui qui prive l'individu de sa capacité à remettre en question.

Pour ma part, j'ai toujours tout remis en question. Mais ça n'est pas ma culture pour autant, tout au plus un trait de caractère plus ou moins fatiguant pour mes proches,.Je ne fais parti d'aucun réseau de contestation ou de réflexion et suis incapable d'y entrer. Je me sens comme un étranger parmi eux. Je vais donc poursuivre mon cheminement personnel vers l'acceptation de soi et la sincérité et peut-être qu'au bout du chemin, mon groupe d'appartenance m'attend pour me faire découvrir ma culture, celle que j'ai depuis toujours mais que je n'ai jamais su discerner.

On part vers perpignan dans les prochains jours ...

 

Bise,

Pierre

 

 

 

 

 

 

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31 janvier 2017

Parce que c'est aussi ça le voyage...

 

 

Voici 5 mois que nous sommes sur la route. 5 mois d'aventures, de découvertes, de rencontres, d'apprentissages..Mais aussi 5 mois de non-stabilité, de vie chez l'autre, de sans-cesse réajustements, d'émotions positives comme négatives..

Je dois dire que je ne suis pas une grande voyageuse, et je reste ravie d'avoir trouvé en moi les ressources qui m'ont permis de me dépasser en quelque sorte. Mais tout comme, je ne savais pas que la France était aussi montagneuse (pas trop branchée Géo la fille !! ), je ne savais pas non plus qu'un voyage c'était pareil : des creux, des bosses, des vertiges parfois..

Nous sommes installés pour un mois à la Cledelle, et tout ce temps libre laisse de la place pour penser, réfléchir mais aussi pour discuter avec Pierre et les kids. Du coup remontent en bloc, un max d'interrogations..

Les enfants d'abord. J'oscille entre confiance totale lorsque je les entends apprendre par coeur, pour jouer, les noms des animaux du monde en latin, lorsqu'ils me parlent avec passion de la reproduction des batraciens ou encore lorsqu'ils s'intéressent et débatent de ce monde qui nous gouverne..et frayeur absolue lorsqu'ils s'insultent à tout va ou qu'ils choquent nos hôtes par leur franc-parler et leur manières de petits facochères à table.

Ne pas mettre les gars à l'école et choisir les libres apprentissages sont des idées que j'ai choisi avec Pierre. Mais je dois dire que je suis plus anxieuse que lui sur ces sujets. Peut-être ai-je moins confiance en mes enfants ? Ou que je gère moins bien de sortir des sentiers battus..

Lors du Nouvel an, nous avons passé 2 jours ici à la Cledelle et dans l'assemblée, sur les 4 enfants présents (en plus des deux nôtres), une seule était scolarisée...Ce fût l'occasion de discuter un peu avec d'autres parents et enfants non sco. Et de constater que les enfants ne paraissaient pas "en retard par rapport à la norme", ils étaient éveillés, curieux, pas toujours diplomates (mais c'est plutôt rassurant je trouve). Des enfants quoi.

Puis se pose aussi le problème du temps que nous  consacrons à Hurlu et Berlu. Ici, durant ce mois de pause, nous avons tout le temps de ménager des ateliers avec eux, de faire des ballades, de discuter, de faire des jeux...Mais lorsque nous sommes en wwoofing et que nous bossons toute la journée, j'ai l'impression de les laisser dans une salle d'attente. S'ajoute à cela que nous laissons deux petits mecs dans un logement que l'on nous prête, avec tout ce que cela implique. L'épisode de la re-décoration de la maison de Marie et Norbert avec le jeu "labo crado" m'a bien refroidie et j'ai du mal à ne pas stresser lorsque je laisse les deux zozos seuls dans une maison qui n'est pas la mienne....

Si l'éducation d'un enfant se veut comme un compagnonnage, j'ai parfois l'impression d'être un bien piètre maitre...

A cela s'ajoute mes propres questionnements sur mon petit moi. La couture passion des passions dans ma vie, ne trouve plus grâce à mes yeux. Je couds pratique mais pas créatif. Je couds parce que j'ai des missions, mais pas parce que cela me chatouille les doigts et le ventre.

Ces 5 mois sont comme une grossesse un peu difficile, et je me demande de quoi j'accoucherai au terme de ce voyage. Wwoofer demande une grande capacité d'adaptation, de l' humblitude et beaucoup d'énergie. Je pensais avoir les 3 en réserve. Mais parfois je sens le stock se vider. L'hiver n'est pas ma saison, et je m'efforce de ne pas l'oublier, mais le découragement me saisit régulièrement.

Arriver dans un nouveau lieu, faire connaissance, adopter la culture du tout petit pays qui nous accueille, est en soi une aventure magnifique. Etre accueilli par des personnes totalement inconnues qui vous ouvre grand les portes de leur maison n'est qu'amour de l'autre. Pourtant, je me sens souvent toute petite, je ne trouve pas comment me placer, comme si l'autre était en fait un ennemi. Cette impression me laisse honteuse et je mets toujours plusieurs jours avant de me défaire et de ma honte et de ma peur. Pour ce faire, il n'y a d'autre solution que de se plonger dans l'autre. Le découvrir, lire et comprendre son langage, entrer dans son intimité...

En préparant ce voyage, je n'ai pas tenu compte du fait qu'à chaque wwoofing, nous entrerions dans une famille, un couple, une communauté..avec ses codes et ses valeurs. Mais aussi dans l'émotif des gens, dans leur sphère intime..

Un des buts de ce voyage pour moi était la fuite de cette intimité. Une pause dans mon cerveau "émotions", c'est raté pour le coup :)

Et la question des questions, que vais-je faire au terme de ce voyage ? ..

Une chose est certaine cette année de wwoofing sera aussi le voyage intérieur le plus intense que je n'ai jamais vécu !

Schmutz !!

Ed :)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2017

Nous voilà à la Clédelle après trois grosses semaines en Aveyron chez Anne-Claire et Antoine. Anne-Claire est une amie blogueuse d'Edwige. Ils ne sont pas agriculteurs, mais ils nous ont invité à passer chez eux pour un chantier qu'Antoine ne se sentait pas de réaliser seul.

Nous avons donc construit ensemble un mur en pierres sèches. Enfin presque car quand nous sommes partis il n'était pas tout à fait fini :(

Au départ un éboulis qui a l'air somme toute modeste. Ce n'est qu'une fois les gravats écartés que ça devient impressionnant. Nous n'avons pas de photo du tas avant le démarrage :(, mais, ici, c'est après 1 jour de boulot. 

1 017-0011 014

1 016 

Nous avons bossé sous la pluie, sous la neige, souvent dans la boue, mais la plupart du temps sous un beau soleil et avec un pull de principe car il faisait bon les après midis.

En déblayant, nous avons aussi découvert une source au mi-hauteur du mur qui a sans doute causé l'effondrement de départ. Du coup, on a inséré 2 barbacanes à la base du mur.

Après plusieurs jours de nettoyage, on a pu commencer le remontage, ça a été une sacrée révélation pour moi. C'est comme un puzzle géant en extérieur où chaque pierre doit trouver son unique place. Hervé est venu nous dispenser quelques conseils avisés sur les aspects techniques à ne pas négliger. Un grand merci à toi ! et à l'autre Pierre et sa Catherine, venus en renfort le temps d'un We !

Hervé et les gars

boue

Le mur faisant 2.5m de haut, nous avons choisi l'option  de partir sur une base de 90cm de large avec un fruit en façade et à l'arrière du mur (fruit=inclinaison). Nous avons placés pas mal de boutisses ou clés de boutisses pour assurer la stabilité générale et une bonne repartition des forces entre l'avant et l'arrière du mur.

chantier boue 1

 

mur 2

mur 2 bis

mur 2 T

mur zoom 3

 

Quand la pause Grog s'impose !! Merci Anne-Claire !! :)

pause grog 4

Pierre et Antoine 4

mur 5

la neige 6

 

Pour 2 débutants, nous avons fait du beau boulot et relevé un sacré défi. C'est pas la perfection, mais c'est correct :)

Pierre avant dernier jour

mur et les gars dernier jour

Pierre et Antoine dernier jour Janv 16

C'est un aperçu rapide, car le mois a été dense. Entre le mur, le drainage, le fumier, aller chercher des pierres en rab parce qu'on en avait plus assez à cause de la largeur accrue de la base. Edwige de son côté a poncé le revêtement mural d'une pièce, toute seule, elle a aussi poncé le vernis d'un portail ...

Mais c'est passé très vite. Les manières de nos enfants ont encore choqué nos hôtes et cela à occasionné un réajustement assez désagréable, mais comme dirait l'autre, c'est pas la mort du petit cheval, alors on est pas montés sur nos grands chevaux. On fait ce qui doit être fait et on s'en sort. ..puis Berlu mange presque des légumes à présent :)

Les temps sont un peu durs ces derniers jours. Notre ordinateur a crashé avec toutes nos photos et vidéos dedans. Nous avions un disque externe, mais nous ne l'avons pas utilisé de la bonne façon :( Il nous reste les photos que nous avions publié sur le blog et tout le reste est parti en fumée. On a fait appel à un informaticien, mais il n'a rien pu faire, le disque dur est mort.

Pour ne pas arranger les choses, l'appareil photo ne fonctionne plus que par intermittence et le téléphone d'Edwige qui nous sert de point de contact internet et appareil photo d'appoint ne charge plus correctement.

La petite famille est au calme à la Clédelle, chez Nico. Nous n'avons aucun problème réel, tout le monde est en bonne santé, on est à jour avec le budget, le camion avance quand on le lui demande.

J'ai fais du pain et des pâtes. Les garçons deviennent de plus en plus, chaque jour, des spécialistes en reptiles et amphibiens. Dernière trouvaille à leur actif, une grappe d'oeufs de grenouille non encore identifiée. Edwige reprend la main avec jemapplique et fait des gâteaux et du tricot. Nous faisons des ateliers avec les enfants, régulièrement, sur des sujets divers et variés.

Atelier couture

Les gars fon t des pâtes

Pain

Mais des questions se posent avec plus de fréquence et avec des opinions pas toujours partagées.

La valeur d'avoir un chez soi ? Qu'est ce que c'est "être chez soi" ? La relation parent/enfant ? La nécessité de l'école ? La place d'un enfant non-sco dans la société ? Limites superflues ou retranchement  nécessaire ?

De quoi est faite l'identité dont on s'affuble ? Plus on déconstruit, plus on remet en question, moins elle est pertinente ...

Pour conclure, une citation de Norbert sur laquelle je médite toujours : "Pierre ne sait rien faire, mais il comprend tout !"

Nous avons sauvé du naufrage photographique quelques clichets de Charlie en décembre. Elle est venue nous rejoindre à Toulouse pour Noël et nous a accompagné à Mas Cabardès dans le tarn où nous avons passés quelques jours ensemble.

Charlie

A plus les gens, je vous aime,

Pierre

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27 décembre 2016

Etre et devenir ...

En juin, chez mon ami Nicolas, j'ai rencontré une jeune femme, Solène, avec qui je n'ai fait que parler, sisi ! Elle m'a offert ... un livre qui m'a profondément ému. Ce livre, c'est "Libres enfants de Summerhill" d'A.S. Neil. Je profite de cette occasion pour la remercier en connaissance de cause, à l'époque je l'avais déjà remerciée, mais je ne savais pas encore pourquoi ;)

Le livre traite d'une autre manière d'envisager la scolarité des enfants. Une manière qui développerait leur créativité et préserverait leur confiance en eux en ne les soumettant ni à la compétition imbécile, ni à la pression à la conformité, ni à la peur de l'autorité outrancière, ni à des jugements incessants ...

La permaculture avait fait écho à une des petites voix que je n'avais jamais écouté avant. Ce livre a donné corps à une autre de ces voix, celle qui dit que l'école conventionnelle, c'est de la connerie en barre. Qui n'a jamais pensé cela ? Et qui a essayé d'y faire quelque chose ? Et pourquoi, hein pourquoi ? Parce qu'on en a pas le courage. On trouve plein d'excuses, mais les seuls que l'on peut excuser sont ceux qui réponde "moi" à la première question ci-dessus.

De fil en recherches sur le sujet, je suis tombé, il y a 5 mois, sur le site du film "Etre et devenir" (2014) de Clara Bellar. Le thème en est l'apprentissage autonome et la non-scolarisation. Mais je n'ai jamais eu l'occasion de le voir. Il est bien protégé et la copie valait 24€.

Je vous raconte cela parce que la ferme d'Olivet, où nous avons passé tout le mois de décembre, est dotée d'une salle de projection associative. Nous en avons profité pour organiser une séance. Et je n'ai pas été déçu ; même si en fin de compte nous avons vu le film dans le salon de Norbert et Marie plutôt que dans la salle "paille" qui menaçait d'être un peu trop froide.

Certains membres de l'asso, parmi lesquels des lycéens sont venus voir le film, les garçons l'ont regardé aussi. Il n'a laissé personne indifférent et je conseille à tous ceux qui se prennent pour des gens éclairés de le regarder. En effet, l'école fait partie de ces choses que l'on a du mal à remettre en question, au même titre que l'argent, la propriété privée. Parce qu'elles font parties des chose que l'on considère comme "normales", on pense que ces choses font partie du cadre dans lequel l'humanité doit évoluer, un fruit du progrès. Eh bien non, je ne suis pas persuadé que ce soit normal d'envoyer ses gosses à l'école, les gamins ont mieux à faire et cela ne met absolument pas en péril la qualité de leur  avenir.

Bien sur le film ne recueille que des témoignages positifs. Je ferai des recherches contradictoires et je vous dirai ce que j'ai trouvé. Mais je suis très séduit par l'idée de faire sa vie comme on l'entend et non comme on pense qu'elle doit être, ce qui est le résultat principal des enseignements dispensés par l'éducation nationale.

Mais nous n'avons pas fait que mater des films et bouffer des chips ;)

Nous avons eu la chance de pouvoir participer aux l'ateliers pain et fromage. Enfin, surtout Edwige qui a eu un séjour wwoofing exemplaire. Elle s'est pas mal occupé des chèvres aussi et a cousu et réparé les "couches" (les tissus avec lesquels le boulanger couvre les patons), réalisé des cadeaux de Noël personnalisés et donné le jour à une nuée de papillon en tissu (pour couvrir une gaffe des garçons qui ont fait exploser un kit du petit chimiste après avoir adjoint du colorant rouge à une recette apparemment inoffensive ...)

Edwige et sa biquette suivi de Edwige fait du quad ;)

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Les papillons mis en place et le fournil avec ses nouvelles couches.

DSCI2866Lin fournil Déc 2016

 

 

De mon côté, je n'ai toujours pas vu l'ombre d'un système permaculturel, mais j'ai pu étudier la fumisterie qui n'est pas l'art de ne rien foutre, mais celui de réaliser l'évacuation des fumées :) J'ai aussi travailler sur un bac en pierre pour faire des plantations à hauteurs, coupé un peu de bois, récuré la chèvrerie, même les garçons ont aidé pour trimballer le fumier.

Avec Norbert nous avons ouvert le capot du transporter pour vérifier les bougies de préchauffage et avons fini au fond de la pompe à injection. Norbert a trouvé la solution pour le préchauffage, mais des fuites importantes sur la pompe se sont révélées au démarrage suivant, nous avons pu à peu près tout remettre en ordre sauf le ralenti moteur qui est bloqué beaucoup trop haut dans les tours. Il faudra que je m'y repenche.

Au chapitre des réalisation, j'ai aussi fait un petit meuble en palettes pour le camion. Quelques outils, des bouts de palettes et des vis et hop, on case des trucs jusqu'au plafond. On a cru gagner de la place, mais soudain ce fut Noël et nous reperdîmes le terrain gagné :)

Les garçons aussi ont eu un séjour riche. Ça n'était pas gagné d'avance, mais ils se sont bien adaptés à une contrainte qu'ils n'ont pas vu venir. En effet, Norbert et Marie ont eu du mal à supporter le fait que nos enfants s'expriment en toute circonstances et que nous les laissions parler même quand ils n'étaient pas d'accord avec nous. Cela à donner lieu à une discussion, à une petite négociation et à des conclisions que nous avons tous respecté jusqu'à la fin du séjour.

Mais le résultat est plutôt positif puisque Antoine et Aurélien ont pu conduire un tracteur, u ne méhari et ont fait du quad. Dans le rayon animaux, qui commence à être quand même gravement étoffé, nous sommes tombés nez à nez avec une couleuvre verte et jaune. Nous étions sur un chantier de restauration de 2 pièces  d'une longère et tapions depuis des heures sur le crépis pourri quand le serpent acculé a été obligé de sortir de sa retraite. Les gars l'ont observé pendant quelques jours avant de la relâcher dans un tas de pierres. Il s'agissait d'un mal de 1.3 mètre's de long. Trop classe !

Voilà pour ce nouvel épisode. Il est intéressant de constater comment nous avons pu nous réajuster à une nouvelle "norme" en 4 mois. Nous avons été fortement bousculé pendant les 2 premiers mois et petit à petit avons développer la souplesse et la résistance nécessaire à la survie dans un quotidien en changement permanent. Tout n'est pas parfaitement au point évidemment, mais le chien qui est une cause presque quotidienne de soucis, nous fait faire des heures sup' pendant la nuit. A ce rythme là, on devrait être prêt pour le chaos assez rapidement :)

Confiance, amour et liberté !

La bise,

Pierre

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27 novembre 2016

La Ferme du LOu Pradot

Le plus difficile, ici, est de se souvenir que le monde continue au delà de la Ferme. Nous sommes dans une bulle, au sein d'une famille d'amis, et le Bonheur ne fait pas beaucoup de bruit ..

 Ce post pour faire suite au précédant rédigé par Pierre. Mon ressenti est que j'ai passé presque un mois gé-ni-al !

C'est vrai que parfois la vie en communauté est un peu compliquée mais lorsque tout le monde s'entend bien et que chacun veille sur l'autre, les choses se déroulent bien. Je ne suis pas comme Pierre, en recherche de solutions "différentes" et je dois avouer que les descentes en "ville" me font plutôt plaisir (tant qu'on y reste pas plus de 2 heures ..).

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Arrivés le 1er Nov pour une semaine, nous sommes toujours là et ne quitterons le lieu et ses hôtes chaleureux que milieu de semaine prochaine (pour rejoindre les environs de Cognac, mais ça c'est la prochaine histoire..).

La Ferme Lou Pradot (se prononce "lou pradotte" en basque et se comprend le petit pré :) située en plein pays Basque, à quelques km de Bayonne, est une..safranière, agrémentée de culture maraîchère et dans un futur proche de production de lapins bio.

safran 2

Safran

Rien d'étonnant me direz-vous, ici on est en plein pays basque exotique avec des Actinidia chinensis (kiwis) à perte de vue. 

Mais pour Estelle et Laurent pas question de produire du Kiwi industriel, ils font du Safran bio et leurs légumes sont logés à la même enseigne ;)

Au Lou Pradot,  le poulailler et les clapiers se déplaçent et le tracteur est une jument.

poulailler mobile

Le gros travail est fait en traction animale avec Urielle, impressionnant Trait Breton de 800 kg (et encore, il parait qu'elle est petite ..!). Et, le plus chouette est que, depuis samedi 19/11, elle partage son pré avec Gaston (poulain de 8 mois)

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Nous avons fimé ce joli moment et Antoine a fait le montage vidéo :)

Urielle et Gaston Chevaux "Trait Breton" 1ère rencontre

Mais pour l'instant c'est avec Urielle que Pierre s'éclate (et se fait parfois mener en bateau !)

Pierre et Urielle 4

 Laurent est bon pédagogue et un passionné passionnant. Il passe des heures avec les Wwoofeurs à les guider pour qu'ils se familiarisent avec la traction animale.

Urielle Laurent et Pierre

Urielle et la bande

 

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Les soirées, jours de pluie et Week ends sont réservés au tricot (pour filles et garçons), à la couture et aux gâteaux (pas de photos, on les mange trop vite !)

Tricot fiesta

J'ai eu l'occasion de faire plusieurs ateliers couture (et ce We ça continue !!), cela m'a fait beaucoup de bien de revenir à ma passion. Il faut avouer qu'après avor passé presque 3 mois sans coudre, j'avais presque fini par oublier à quel  point j'aimais ça ...Mes questions "intérieures" étaient tournées vers là et je m'inquiétais de voir ma passion s'éteindre. Ces quelques heures couturesques m'ont permis de me rendre compte que Oui j'aime toujours ça !!

Les filles

Quand Antoine essaye de tricoter à l'envers ...:)

Lucie et Antoine

Nous passons beaucoup de temps dehors, Estelle et Laurent souhaitent transformer une partie du site en Ferme pédagogique et la masse de travail est impressionnante (ce qui est parfait pour nous !!).

Préparer la terre, monter des buttes, récolter et sécher le Safran, planter de nouveaux bulbes, construire des "nids" pour les lapines et leurs futurs lapereaux à monter sur les clapiers mobiles. (oui ici tout se déplace, le poulailler, les clapiers..), préparer des fiches techniques pour les visiteurs et les wwoofeurs, bref chacun s'y retrouvent et se sent utile!

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Clapiers 3

 

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Les clapiers munis de leurs "nichoir"

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Les enfants (comme l'a dit Pierrot) apprennent chaque jour de nouvelles choses..Ils passent des heures à guetter lézards et crapauds et ne sont pas les derniers au bricolage, mais comme Pierre, je doute parfois et me dis que je devrais les pousser à prendre leurs cahiers. La seconde d'après, je me dis que ce qu'ils vivent n'a pas de prix et qu'il est toujours temps pour les apprentissages 'abstraits" du moment qu'on en a envie..bref, je me dis qu'ils ont tout leur temps.

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Ce qui me rassure le plus, c'est que pour la première fois depuis le début de notre voyage, je ne me sens pas fébrile de changer d'endroit. Sans doute que j'ai emmagasiné assez de chaleur humaine ici :)

A tout bientôt depuis Cognac !!!

Ed ;)

 

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24 novembre 2016

Conserver la good vibe

Salut les copains,

Milieu de semaine prochaine nous serons de nouveau dans l'incertitude :) Après une expérience de vie en communauté assez riche en enseignements, il nous faut reprendre la route. Mais je suis assez en confiance.

Nous avons rallongé 2 fois le temps de notre séjour au pradottt. Nous y sommes bien et le travail ne manquant pas nous a donné une bonne excuse de ne pas trop nous investir dans la recherche d'un autre hôte pour boucher notre planning. Au bilan du séjour, récolte de safran, génocide à rumex-land, coupe de bois de chauffage, fabrication de nid de lapin :), travail avec la jument, bonnes bouffes à outrance avec pas mal de bière, 2 ballades à la mer très romantiques sous la pluie, je me suis baigné dans les vagues il y a 15 jours, c'était trop bien n'importe quoi ...que du bonheur ! Avec un autre Antoine, wwoofer lui aussi, nous avons bricolé le camion. Il démarre à nouveau sans start-pilote !

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Point commun entre tous les participants à ce mois de fête et de travail, la dèche. Nous avons tous vécu largement au-dessus de nos moyens pour créer, préserver et faire durer le moment de grâce. En soi, cela pose un petit souci de légitimité. Perso, je cherche assez ce qu'il reste quand on épluche tout le superflu de nos existences. Nous avons savamment recréé des conditions connues pour nous sécuriser et cela à très bien marché. Je ne nous jette pas la pierre, il faut bien que la piscine ait un bord. Ceci est un point clé de la reflexion que je mène sur la vie en groupe et sur la possibilité d'une vie "off-grid" pérenne.

Je suis un explorateur fou et un peu inconscient. J'ai une pulsion qui me pousse à partir du connu pour le démonter, le détricoter et voir ce qu'il cache. Les situations difficiles que nous avons rencontré précédemment m'ont toutes semblé intéressantes. Il est évident que notre quotidien est incertain, mais la sincérité est un facteur de stabilité assez impressionnant.

Ce qui va par rapport à nos idées de départ : nous avons le moral, nous sommes loin des contingences liées à la vie citadine, nous vivons en groupe, nous nous enrichissons de savoirs et d'expériences indispensables à la vie en décroissance.

Ce qui ne va pas trop : Nous sommes trop dépendants des grandes surfaces :(  et les garçons ne foutent absolument rien pour leur année scolaire, et je ne crois pas qu'Ed ou moi ayons la ressource de bosser avec eux. Ils vivent un max en faisant ce qu'ils ont envie de faire avec ce qu'il y a autour d'eux ... Mais l'incertitude est là, avons nous raison ? Tout ce que j'apprends, ils l'apprennent aussi. En théorie, ça vaut. Mais la vie, paradigme normal, ne fait pas grand cas de la théorie. Il faudra voir dans quel sens les garçons choisiront de faire évoluer ce qu'ils vivent ...

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Notre prochain hôte nous attend le 01/12 et nous ferons du pain ensemble pendant 3 semaines. Je suis impatient de travailler dans un vrai fournil où j'apprendrai à gérer un levain sur le long terme (pour peu que je pose les bonnes questions), à faire un pointage qui ne soit pas du pifomètre et où chaque farine se travaillera de manière spécifique :) Ils sont aussi musiciens, acteurs, enfin, artistes locaux.

Un autre post déjà en grande partie écrit par Edwige sera posté très bientôt avec des photos et son ressenti :)

Mes amis, mes potos, laissez moi un com'. Vous me manquez !

Vous savez tous heureusement que je ne suis pas un grand téléphoneur. Et dans nos conditions, c'est très difficile de créer une bulle pour s'extraire de ce que l'on fait et partager avec l'autre dimension. C'est peut-être une forme d'excuse, mais comme Ed souffre du même problème alors qu'elle est beaucoup plus sociabliforme que moi, je me dis qu'il doit y avoir un peu de vrai dans ce que je ressent. Comme ça n'en fait pas une certitude, je vais prendre mes responsabilités ;)

A tout bientôt, bises à tous,

Pierre

 

 

Posté par Pedrodel67 à 20:13 - Commentaires [9] - Permalien [#]
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29 octobre 2016

New start !

On quitte le mobil-home et ce camping demain matin. Tout le monde est ressourcé.

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Edwige a cousu un truc. Elle m'a demandé d'être franc, j'ai été obligé de lui dire que c'était pas sa plus belle pièce :) Je ne l'ai pas dis comme ça ... Elle a fini son pull tricoté maison. Là, je dois m'incliner, je n'ai qu'un demi dos et une manche pas tout à fait finie parce que je vais sans doute devoir recommencer HAAAAAA.

vide poche camion 1 Oct 2016

 

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Les garçons ont pêché tous les jours. Ils ont pris des poisons grands comme ça ! Facile 10 cm de long et apparemment hallucinogène ?? Il s'agit de Saupes si ça dit quelque chose à quelqu'un.

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Pour ma part, j'ai beaucoup fait pas grand chose et je suis heureux que cela finisse. La situation n'est pas très pérenne telle quelle.

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Nous retraversons la France dans l'autre sens. Nous avons cherché de ce côté, mais les oportunités sont moins nombreuses ici, et c'est le côté riche et m'as tu vu de notre beau pays :( Donc, RDV un peu à l'Est de Bayonne à 800 bornes pour la quinzaine qui vient. Nous serons sur une nouvelle piste dans notre quête. Nous improviseront la deuxième quinzaine de novembre. Le gars chez qui l'on va a des tuyaux à nous passer.

En décembre, si tout se passe bien, on sera du côté de Cognac. Une ferme où ils font plein de trucs super sympa. Pain, légumes, bricolage, activités associatives... Puis, après Noël, nous donnerons une nouvelle chance à la Lozère chez une copine blogueuse de Edwige qui fera ses début en tant qu'hôte.

Nous avons pu reconstruire un itinéraire. Edwige est échaudée par nos expériences, mais rassurée d'avoir des gens qui nous attendent.

Aurélien va pouvoir récupérer ses cours (qui sont arrivés chez son tonton à Toulouse). Du coup, les deux lascars seront sur un pied d'égalité et s'y mettront peut-être ?? A voir, pour le moment, ils ont tout le temps des trucs plus intéressant à faire. Même "s'emmerder ferme" est plus intéressant que de bosser leurs cours, on verra ...

J'espère que nous sommes sur la bonne voix. Pour le moment le wwoofing nous a surtout donner l'impression de ne plus nous appartenir. C'est au fond une expérience assez aliénante, aussi étrange que cela puisse paraître. Le temps que nous donnons à nos hôtes ne semble jamais assez pour recevoir, avec un sentiment d'equité notre contre partie. Il est plus qu'évident que financièrement ça le vaut. Mais la relation symbolique n'est pas d'égal à égal. J'ai une intuition et je vais continuer à essayer d'y mettre des mots. On en reparlera.

Salut Bise

Laissez des commentaires, ça nous donne l'impression d'être plus nombreux, merci :)

 

Posté par edwige687 à 23:20 - Commentaires [16] - Permalien [#]
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21 octobre 2016

Encore un changement de cap ...

Voilà 2 mois que nous sommes partis. Il est l'heure de se retourner et de mettre en rapport nos objectifs et nos réalisations pour un petit bilan intermédiaire.

Voici ce que j'allais poster avant hier :

"C'est pas que je n'ai rien à dire, mais le rythme de mes pensées est largement démesuré par rapport à notre possibilité de nous connecter tranquillement, du coup je fais des posts virtuels que je ne publie jamais :(

 Le 05/10 nous arrivions à Malbosc pour nous occuper de chèvres. Nous devions y rester un bon bout de temps (désolé Aurélie et Christo :) Mais nous n'y sommes pas restés... Les raisons pour l'expliquer nous paraissent toujours très complexes. Mais au bout du compte, c'est la préservation de notre postulat de départ qui a présidé à la décision.

Ledit postulat était de vivre de notre travail, sans rien gagner et sans rien dépenser. Or, dans le cas de cette étape, nous avons dû dépenser 150€ de notre poche pour des achats de subsistance. Bien sur, il y a d'autres raisons plus subjectives. Peut-être avons nous manqué d'adaptabilité ? Peut-être avons nous passé la limite de ce à quoi nous étions prêts à nous adapter ? Mais la différence est que l'on peut choisir d'endurer les raisons subjectives là où les raisons financières représentent un péril immédiat dont il faut s'extirper.

Nous en débattons encore Edwige et moi :) Le thème est assez récurrent.

Nous sommes heureux en famille, mais pas encore vraiment tranquilles et sereins sur les fermes où nous nous arrêtons. Il y a comme un souci de légitimité quant à notre présence sur les lieux, du coup on en vient assez facilement à se sentir redevable envers l'hôte et de là, le malaise s'installe facilement.

Malbosc aura été une expérience intéressante, mais assez douloureuse. Y resté plus longtemps ne présentait aucun intérêt car notre objet n'a jamais été de faire un concours de courage ou d'obstination.

Côté travail là-bas, nous avons participé à la création d'un jardin de 3 buttes pour gérer un souci d'eau. Ces buttes devaient être à la façon "permaculture", mais je crois que le concept est en train de devenir une valise. La permaculture est à la mode même au fin fond de nulle part. Et même les finfonddenulleparien pensent qu'il suffit de faire des buttes pour faire de la permaculture. Il n'y a eu ni observation, ni analyse, juste des buttes, au bord d'une rivière, à l'ombre et super loin de la cuisine ;)

Nous avons aussi fait de l'enduit de chaux. Une couche façon gobetis grossier, une couche pour aplanir et nous n'avons pas eu le temps de  faire la finition. C'est marrant, salissant et très physique. J'ai beaucoup aimé :)

Nous sentant de trop nous sommes repartis pour Castres après 10 jours (Merci mon Nico, ton soutien nous a été d'un grand réconfort). Puis avons trouvés un nouvel hôte "Land of Life" tenu par Molly. Direction Est toute pour rejoindre la région de Grasse, Mons plus précisément où nous nous trouvons actuellement."

Eh bien, nous n'y sommes plus non plus. Et là tout à coup les choses ne sont plus marrantes, presque plus intéressantes ... Nous avons fait 500 km pour rejoindre un lieu au nom prometteur. Nous avons été accueilli gentiment, nous avons travaillé 2 jours sur un jardin de permaculture (qui n'en a que le nom évidement) et puis le troisième matin, c'était dimanche, nous avons été licenciés ?!?!?

Molly n'a rien du tout à nous repprocher, du coup, elle nous sert un plat d'excuses bidons pour masquer sa responsabilité. Elle n'a pas du tout mesuré la place que prendrait une famille et un chien dans sa vie bien réglée.

En fait ça a été rigolo 5 mn au début parce que c'était ridicule. Même les garçons y vont de leur plaisanterie et se marrent comme des baleines. Mais on est dimanche, on est loin des potes, on a aucun plan de secours, on a un petit historique d'échec qui s'installe et le moral chute. On se fout dans un camping, on monte la tente et il pleut toute la nuit sur les plages de la côte d'azur, beuark !

Au réveil, mon instinct protecteur de mâle n'a d'autre choix que de trouver un endroit où mettre sa famille à l'abri :) De 8h du mat' à 15h, je cherche, j'épluche les sites wwoof, workaway, nomador et twiza et aucune piste pour la nuit :( Tant pis, sécurité et bien être de base priment, je trouve un mobil-home dans un camping de St Tropez, ici, vous pouvez rire, nous aussi on a recommencé à rire :)

Nous sommes complètement à côté de la plaque, mais on a une semaine pour faire le point et regonfler les batteries.

Alors,

- Moral des troupes : ça va, mais on est un peu désoeuvrés

- Véhicule : on a fait presque 6000 km en 2 mois. Le camion a été dépanné 2 fois pour un montant de 420 €. En l'état, il ne démarre plus seul le matin quand il fait froid ou humide, il lui faut un coup de start-pilote pour l'aider.

- Enfants : Antoine a ses cours à dispo, mais préfère s'ennuyer que d'y travailler. Aurélien n'a même pas ses cours ... L'espace de liberté que nous voulions leur offrir ne leur est apparu que brièvement. Ils souffrent que l'on ne puisse se poser un peu. Mais le tableau n'est pas que sombre. Ils apprenent beaucoup de choses concrètes. Ils bricolent pas mal et découvrent des trucs et des machins tout le temps. Dernièreme nt, Antoine a ramassé un crâne de blaireau dans les terrasses de land of life.

- Chien : Tous ceux qui nous connaissent en personne et qui nous suivent dans nos aventures savent que nous sommes des naïfs invétérés. Le chien entrera à ce titre dans notre histoire. Il représente une contrainte démesurée et représente un facteur de difficulté supplémentaire. Mais il fait parti de la famille maintenant et nous ferons avec.

- Planning : Nous avions des rendez vous jusqu'en février. Ils sont tous épuisé et l'heure est à l'improvisation. Nous sommes passés de chez Hannah, dans l'aude, au chantier d'Albane près de Cahors. Le mois de septembre était passé. Puis nous devions passe Octobre et Novembre à Malbosc en Lozère. En chemin, nous sommes allés rencontrer les Tricarri également en Lozère, nos hôtes de décembre, qui ont annulé pour un motif qui nous semble toujours confu. Et puis nous n'avons pu rester que 10 jours à Malbosc. Nous avons foncé chez Molly pour 15 jours et en sommes déjà reparti. Nous attendons des réponses pour la suite de sites avec lesquels nous avons pris contact.

Nous avions déjà pris une mesure dictée par la sagesse pour éviter le stress en camion. Pour mémoire, nous avons limité nos trajets quotidiens à 250 km. La mésaventure de Malbosc nous a dicté une autre mesure : "Ne pas s'engager pour plus de 15 jours pour démarrer chez un hôte et laisser la place à un prolongement si tout se passe bien". Mais cela veut dire prendre les rendez-vous un par un.

Dans notre quête, nous avons élargi le spectre de nos recherche. L'hiver présentant beaucoup de restrictions dans nos recherches d'échange, nous cherchons également des séjours en gardiennage de propriété sur nomador. L'esprit de notre voyage n'y est pas, mais nous sommes en situation assez compliquée pour penser que nous n'avons pas le choix.

Voili voilà ... Nous sommes coincés pour une semaine dans ce mobil-home. Je propose que l'on en fasse un espace d'interactivité.

Chers amis, chers internautes qui nous suivent, laissez des commentaires, posez des questions, faîtes des suggestions. Nous répondrons quotidiennement aux questions et prendront les bons conseils avec humilité.

Nous avons dû céder à la tentation du repli sur soi. Notre quête reste cependant de lâcher prise !

A toute,

Pierre

 

Je rajoute mon petit passage..:)

La princesse au petit pois que je suis, est ravie de vivre quelques jours dans une maison de poupée..la douche bouillante et le vrai matelas ont été comme une renaissance..Mes gènes royaux sont comblés ;)

Pour ce qui est du voyage, c'est vrai que c'est terriblement surprenant et déstabilisant de voir que les hôtes ne mesurent pas toujours les conséquences et les contraintes d'accueillir toute une famille ..Du coup de bienvenus, nous sommes passés à malvenus sur 3 sites consécutifs. Et c'est assez humiliant, d'autant que nous sommes travailleurs et investis dans les missions que l'on nous confie..

A Mons, nos hôtes accueillaient aussi 2 autres jeunes wwoofeurs ainsi qu'un couple avec leur bébé (des gens adorables avec qui nous avons tissé des liens..), plus nous, la tablée comptait donc 10 personnes tous les jours C'est un fait que nos hôtes connaissaient avant de nous accueillir et pourtant ils ont validé notre demande. Nous avons donc fait 600 km pour y travailler 15 jours et + et se retrouver mis à la porte au bout de deux jours (après avoir été complimenté, la veille, sur notre travail !!!).

Sur le site précédent, ce sont en partie les conditions de vie qui m'ont donné envie de m'enfuir :

Travailler 6 à 7 heures par jour, en échange d'une masure glacée,avec des meubles cassés et des lampes de chantier pour s'éclairer, la douche à l'extérieur (sympa en été mais en Novembre...) et nos repas à acheter. Au bout de quelques jours, nous nous serions presque fait à la situation mais nos hôtes nous considéraient comme des touristes en quête de sensation et aucune responsabilité ne nous était confié, voir ils ne comptaient absolument pas sur notre travail : Nous devions les remplacer durant leurs congés (mission organisée depuis le mois de Mai ..) et finalement, ils avaient prévus d'autres personnes..Travailler mais sans considération aucune, dans ces conditions, n'avait aucun intérêt sauf si on aime être exploité ...

Peut être que la notion de Wwoofing en France, s'apparente plus à du tourisme qu'à un réel échange de travail et de savoir-faire contre gîte et couverts ou alors peut-être n'avons nous pas encore rencontré les bonnes personnes ..ce qui est ma version des faits préférée :)

Dans tous les cas, cette aventure reste une belle aventure et nos fou-rires sont plus nombreux que nos déconfitures !!

J'ai presque fini de tricoter mon pull (pour une fois c'est moi qui gagne la course !!). Pour Pierrot, la première manche est quasi finie mais comme il réfléchi trop et qu'il se dispute avec les consignes de son modèle (il réinventerai les techniques si je ne le surveillais pas ..), son ouvrage est parfait mais pas prêt d'être fini !!

On vous embrasse fort !!

Edwige

Mons

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Berlu des Bois!

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Un petit bout de notre travail : Mise en place de buttes

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Idix ou Rantanplan.. à Malbosc

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La préparation  des buttes avec Paddie, un super chouette wwoofeur anglais. Il s'est improvisé prof d'anglais pour les kids..ils ont appris plein de mots mais tous ne sont pas utilisables en société ;)

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Notre poêle à bois pour les soirées cheminée

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Le coin favori d'Hurlu et Berlu !!

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L'Homme tricote ...super appliqué !!

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Les toilettes sèches avant rénovation..

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Pendant la rénovation : mise en place d'une palette au sol et retouches couture sur le rideau de protection..

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Le village

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Un habitant du coin..pas trop bavard mais sympa comme tout !!

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La vue en ballade ..c'est beau hein !! ;)

 

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Rencontre avec d'autres habitants du coin. Charmants mais très timides!!

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La toiture typique de la région.

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Vers l'ancienne forge...

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....Beau !  y'a pas d'autres mots

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Posté par edwige687 à 22:52 - Commentaires [26] - Permalien [#]
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