En juin, chez mon ami Nicolas, j'ai rencontré une jeune femme, Solène, avec qui je n'ai fait que parler, sisi ! Elle m'a offert ... un livre qui m'a profondément ému. Ce livre, c'est "Libres enfants de Summerhill" d'A.S. Neil. Je profite de cette occasion pour la remercier en connaissance de cause, à l'époque je l'avais déjà remerciée, mais je ne savais pas encore pourquoi ;)

Le livre traite d'une autre manière d'envisager la scolarité des enfants. Une manière qui développerait leur créativité et préserverait leur confiance en eux en ne les soumettant ni à la compétition imbécile, ni à la pression à la conformité, ni à la peur de l'autorité outrancière, ni à des jugements incessants ...

La permaculture avait fait écho à une des petites voix que je n'avais jamais écouté avant. Ce livre a donné corps à une autre de ces voix, celle qui dit que l'école conventionnelle, c'est de la connerie en barre. Qui n'a jamais pensé cela ? Et qui a essayé d'y faire quelque chose ? Et pourquoi, hein pourquoi ? Parce qu'on en a pas le courage. On trouve plein d'excuses, mais les seuls que l'on peut excuser sont ceux qui réponde "moi" à la première question ci-dessus.

De fil en recherches sur le sujet, je suis tombé, il y a 5 mois, sur le site du film "Etre et devenir" (2014) de Clara Bellar. Le thème en est l'apprentissage autonome et la non-scolarisation. Mais je n'ai jamais eu l'occasion de le voir. Il est bien protégé et la copie valait 24€.

Je vous raconte cela parce que la ferme d'Olivet, où nous avons passé tout le mois de décembre, est dotée d'une salle de projection associative. Nous en avons profité pour organiser une séance. Et je n'ai pas été déçu ; même si en fin de compte nous avons vu le film dans le salon de Norbert et Marie plutôt que dans la salle "paille" qui menaçait d'être un peu trop froide.

Certains membres de l'asso, parmi lesquels des lycéens sont venus voir le film, les garçons l'ont regardé aussi. Il n'a laissé personne indifférent et je conseille à tous ceux qui se prennent pour des gens éclairés de le regarder. En effet, l'école fait partie de ces choses que l'on a du mal à remettre en question, au même titre que l'argent, la propriété privée. Parce qu'elles font parties des chose que l'on considère comme "normales", on pense que ces choses font partie du cadre dans lequel l'humanité doit évoluer, un fruit du progrès. Eh bien non, je ne suis pas persuadé que ce soit normal d'envoyer ses gosses à l'école, les gamins ont mieux à faire et cela ne met absolument pas en péril la qualité de leur  avenir.

Bien sur le film ne recueille que des témoignages positifs. Je ferai des recherches contradictoires et je vous dirai ce que j'ai trouvé. Mais je suis très séduit par l'idée de faire sa vie comme on l'entend et non comme on pense qu'elle doit être, ce qui est le résultat principal des enseignements dispensés par l'éducation nationale.

Mais nous n'avons pas fait que mater des films et bouffer des chips ;)

Nous avons eu la chance de pouvoir participer aux l'ateliers pain et fromage. Enfin, surtout Edwige qui a eu un séjour wwoofing exemplaire. Elle s'est pas mal occupé des chèvres aussi et a cousu et réparé les "couches" (les tissus avec lesquels le boulanger couvre les patons), réalisé des cadeaux de Noël personnalisés et donné le jour à une nuée de papillon en tissu (pour couvrir une gaffe des garçons qui ont fait exploser un kit du petit chimiste après avoir adjoint du colorant rouge à une recette apparemment inoffensive ...)

Edwige et sa biquette suivi de Edwige fait du quad ;)

DSCI2751DSCI2822

 

 

Les papillons mis en place et le fournil avec ses nouvelles couches.

DSCI2866Lin fournil Déc 2016

 

 

De mon côté, je n'ai toujours pas vu l'ombre d'un système permaculturel, mais j'ai pu étudier la fumisterie qui n'est pas l'art de ne rien foutre, mais celui de réaliser l'évacuation des fumées :) J'ai aussi travailler sur un bac en pierre pour faire des plantations à hauteurs, coupé un peu de bois, récuré la chèvrerie, même les garçons ont aidé pour trimballer le fumier.

Avec Norbert nous avons ouvert le capot du transporter pour vérifier les bougies de préchauffage et avons fini au fond de la pompe à injection. Norbert a trouvé la solution pour le préchauffage, mais des fuites importantes sur la pompe se sont révélées au démarrage suivant, nous avons pu à peu près tout remettre en ordre sauf le ralenti moteur qui est bloqué beaucoup trop haut dans les tours. Il faudra que je m'y repenche.

Au chapitre des réalisation, j'ai aussi fait un petit meuble en palettes pour le camion. Quelques outils, des bouts de palettes et des vis et hop, on case des trucs jusqu'au plafond. On a cru gagner de la place, mais soudain ce fut Noël et nous reperdîmes le terrain gagné :)

Les garçons aussi ont eu un séjour riche. Ça n'était pas gagné d'avance, mais ils se sont bien adaptés à une contrainte qu'ils n'ont pas vu venir. En effet, Norbert et Marie ont eu du mal à supporter le fait que nos enfants s'expriment en toute circonstances et que nous les laissions parler même quand ils n'étaient pas d'accord avec nous. Cela à donner lieu à une discussion, à une petite négociation et à des conclisions que nous avons tous respecté jusqu'à la fin du séjour.

Mais le résultat est plutôt positif puisque Antoine et Aurélien ont pu conduire un tracteur, u ne méhari et ont fait du quad. Dans le rayon animaux, qui commence à être quand même gravement étoffé, nous sommes tombés nez à nez avec une couleuvre verte et jaune. Nous étions sur un chantier de restauration de 2 pièces  d'une longère et tapions depuis des heures sur le crépis pourri quand le serpent acculé a été obligé de sortir de sa retraite. Les gars l'ont observé pendant quelques jours avant de la relâcher dans un tas de pierres. Il s'agissait d'un mal de 1.3 mètre's de long. Trop classe !

Voilà pour ce nouvel épisode. Il est intéressant de constater comment nous avons pu nous réajuster à une nouvelle "norme" en 4 mois. Nous avons été fortement bousculé pendant les 2 premiers mois et petit à petit avons développer la souplesse et la résistance nécessaire à la survie dans un quotidien en changement permanent. Tout n'est pas parfaitement au point évidemment, mais le chien qui est une cause presque quotidienne de soucis, nous fait faire des heures sup' pendant la nuit. A ce rythme là, on devrait être prêt pour le chaos assez rapidement :)

Confiance, amour et liberté !

La bise,

Pierre