Voilà 2 mois que nous sommes partis. Il est l'heure de se retourner et de mettre en rapport nos objectifs et nos réalisations pour un petit bilan intermédiaire.

Voici ce que j'allais poster avant hier :

"C'est pas que je n'ai rien à dire, mais le rythme de mes pensées est largement démesuré par rapport à notre possibilité de nous connecter tranquillement, du coup je fais des posts virtuels que je ne publie jamais :(

 Le 05/10 nous arrivions à Malbosc pour nous occuper de chèvres. Nous devions y rester un bon bout de temps (désolé Aurélie et Christo :) Mais nous n'y sommes pas restés... Les raisons pour l'expliquer nous paraissent toujours très complexes. Mais au bout du compte, c'est la préservation de notre postulat de départ qui a présidé à la décision.

Ledit postulat était de vivre de notre travail, sans rien gagner et sans rien dépenser. Or, dans le cas de cette étape, nous avons dû dépenser 150€ de notre poche pour des achats de subsistance. Bien sur, il y a d'autres raisons plus subjectives. Peut-être avons nous manqué d'adaptabilité ? Peut-être avons nous passé la limite de ce à quoi nous étions prêts à nous adapter ? Mais la différence est que l'on peut choisir d'endurer les raisons subjectives là où les raisons financières représentent un péril immédiat dont il faut s'extirper.

Nous en débattons encore Edwige et moi :) Le thème est assez récurrent.

Nous sommes heureux en famille, mais pas encore vraiment tranquilles et sereins sur les fermes où nous nous arrêtons. Il y a comme un souci de légitimité quant à notre présence sur les lieux, du coup on en vient assez facilement à se sentir redevable envers l'hôte et de là, le malaise s'installe facilement.

Malbosc aura été une expérience intéressante, mais assez douloureuse. Y resté plus longtemps ne présentait aucun intérêt car notre objet n'a jamais été de faire un concours de courage ou d'obstination.

Côté travail là-bas, nous avons participé à la création d'un jardin de 3 buttes pour gérer un souci d'eau. Ces buttes devaient être à la façon "permaculture", mais je crois que le concept est en train de devenir une valise. La permaculture est à la mode même au fin fond de nulle part. Et même les finfonddenulleparien pensent qu'il suffit de faire des buttes pour faire de la permaculture. Il n'y a eu ni observation, ni analyse, juste des buttes, au bord d'une rivière, à l'ombre et super loin de la cuisine ;)

Nous avons aussi fait de l'enduit de chaux. Une couche façon gobetis grossier, une couche pour aplanir et nous n'avons pas eu le temps de  faire la finition. C'est marrant, salissant et très physique. J'ai beaucoup aimé :)

Nous sentant de trop nous sommes repartis pour Castres après 10 jours (Merci mon Nico, ton soutien nous a été d'un grand réconfort). Puis avons trouvés un nouvel hôte "Land of Life" tenu par Molly. Direction Est toute pour rejoindre la région de Grasse, Mons plus précisément où nous nous trouvons actuellement."

Eh bien, nous n'y sommes plus non plus. Et là tout à coup les choses ne sont plus marrantes, presque plus intéressantes ... Nous avons fait 500 km pour rejoindre un lieu au nom prometteur. Nous avons été accueilli gentiment, nous avons travaillé 2 jours sur un jardin de permaculture (qui n'en a que le nom évidement) et puis le troisième matin, c'était dimanche, nous avons été licenciés ?!?!?

Molly n'a rien du tout à nous repprocher, du coup, elle nous sert un plat d'excuses bidons pour masquer sa responsabilité. Elle n'a pas du tout mesuré la place que prendrait une famille et un chien dans sa vie bien réglée.

En fait ça a été rigolo 5 mn au début parce que c'était ridicule. Même les garçons y vont de leur plaisanterie et se marrent comme des baleines. Mais on est dimanche, on est loin des potes, on a aucun plan de secours, on a un petit historique d'échec qui s'installe et le moral chute. On se fout dans un camping, on monte la tente et il pleut toute la nuit sur les plages de la côte d'azur, beuark !

Au réveil, mon instinct protecteur de mâle n'a d'autre choix que de trouver un endroit où mettre sa famille à l'abri :) De 8h du mat' à 15h, je cherche, j'épluche les sites wwoof, workaway, nomador et twiza et aucune piste pour la nuit :( Tant pis, sécurité et bien être de base priment, je trouve un mobil-home dans un camping de St Tropez, ici, vous pouvez rire, nous aussi on a recommencé à rire :)

Nous sommes complètement à côté de la plaque, mais on a une semaine pour faire le point et regonfler les batteries.

Alors,

- Moral des troupes : ça va, mais on est un peu désoeuvrés

- Véhicule : on a fait presque 6000 km en 2 mois. Le camion a été dépanné 2 fois pour un montant de 420 €. En l'état, il ne démarre plus seul le matin quand il fait froid ou humide, il lui faut un coup de start-pilote pour l'aider.

- Enfants : Antoine a ses cours à dispo, mais préfère s'ennuyer que d'y travailler. Aurélien n'a même pas ses cours ... L'espace de liberté que nous voulions leur offrir ne leur est apparu que brièvement. Ils souffrent que l'on ne puisse se poser un peu. Mais le tableau n'est pas que sombre. Ils apprenent beaucoup de choses concrètes. Ils bricolent pas mal et découvrent des trucs et des machins tout le temps. Dernièreme nt, Antoine a ramassé un crâne de blaireau dans les terrasses de land of life.

- Chien : Tous ceux qui nous connaissent en personne et qui nous suivent dans nos aventures savent que nous sommes des naïfs invétérés. Le chien entrera à ce titre dans notre histoire. Il représente une contrainte démesurée et représente un facteur de difficulté supplémentaire. Mais il fait parti de la famille maintenant et nous ferons avec.

- Planning : Nous avions des rendez vous jusqu'en février. Ils sont tous épuisé et l'heure est à l'improvisation. Nous sommes passés de chez Hannah, dans l'aude, au chantier d'Albane près de Cahors. Le mois de septembre était passé. Puis nous devions passe Octobre et Novembre à Malbosc en Lozère. En chemin, nous sommes allés rencontrer les Tricarri également en Lozère, nos hôtes de décembre, qui ont annulé pour un motif qui nous semble toujours confu. Et puis nous n'avons pu rester que 10 jours à Malbosc. Nous avons foncé chez Molly pour 15 jours et en sommes déjà reparti. Nous attendons des réponses pour la suite de sites avec lesquels nous avons pris contact.

Nous avions déjà pris une mesure dictée par la sagesse pour éviter le stress en camion. Pour mémoire, nous avons limité nos trajets quotidiens à 250 km. La mésaventure de Malbosc nous a dicté une autre mesure : "Ne pas s'engager pour plus de 15 jours pour démarrer chez un hôte et laisser la place à un prolongement si tout se passe bien". Mais cela veut dire prendre les rendez-vous un par un.

Dans notre quête, nous avons élargi le spectre de nos recherche. L'hiver présentant beaucoup de restrictions dans nos recherches d'échange, nous cherchons également des séjours en gardiennage de propriété sur nomador. L'esprit de notre voyage n'y est pas, mais nous sommes en situation assez compliquée pour penser que nous n'avons pas le choix.

Voili voilà ... Nous sommes coincés pour une semaine dans ce mobil-home. Je propose que l'on en fasse un espace d'interactivité.

Chers amis, chers internautes qui nous suivent, laissez des commentaires, posez des questions, faîtes des suggestions. Nous répondrons quotidiennement aux questions et prendront les bons conseils avec humilité.

Nous avons dû céder à la tentation du repli sur soi. Notre quête reste cependant de lâcher prise !

A toute,

Pierre

 

Je rajoute mon petit passage..:)

La princesse au petit pois que je suis, est ravie de vivre quelques jours dans une maison de poupée..la douche bouillante et le vrai matelas ont été comme une renaissance..Mes gènes royaux sont comblés ;)

Pour ce qui est du voyage, c'est vrai que c'est terriblement surprenant et déstabilisant de voir que les hôtes ne mesurent pas toujours les conséquences et les contraintes d'accueillir toute une famille ..Du coup de bienvenus, nous sommes passés à malvenus sur 3 sites consécutifs. Et c'est assez humiliant, d'autant que nous sommes travailleurs et investis dans les missions que l'on nous confie..

A Mons, nos hôtes accueillaient aussi 2 autres jeunes wwoofeurs ainsi qu'un couple avec leur bébé (des gens adorables avec qui nous avons tissé des liens..), plus nous, la tablée comptait donc 10 personnes tous les jours C'est un fait que nos hôtes connaissaient avant de nous accueillir et pourtant ils ont validé notre demande. Nous avons donc fait 600 km pour y travailler 15 jours et + et se retrouver mis à la porte au bout de deux jours (après avoir été complimenté, la veille, sur notre travail !!!).

Sur le site précédent, ce sont en partie les conditions de vie qui m'ont donné envie de m'enfuir :

Travailler 6 à 7 heures par jour, en échange d'une masure glacée,avec des meubles cassés et des lampes de chantier pour s'éclairer, la douche à l'extérieur (sympa en été mais en Novembre...) et nos repas à acheter. Au bout de quelques jours, nous nous serions presque fait à la situation mais nos hôtes nous considéraient comme des touristes en quête de sensation et aucune responsabilité ne nous était confié, voir ils ne comptaient absolument pas sur notre travail : Nous devions les remplacer durant leurs congés (mission organisée depuis le mois de Mai ..) et finalement, ils avaient prévus d'autres personnes..Travailler mais sans considération aucune, dans ces conditions, n'avait aucun intérêt sauf si on aime être exploité ...

Peut être que la notion de Wwoofing en France, s'apparente plus à du tourisme qu'à un réel échange de travail et de savoir-faire contre gîte et couverts ou alors peut-être n'avons nous pas encore rencontré les bonnes personnes ..ce qui est ma version des faits préférée :)

Dans tous les cas, cette aventure reste une belle aventure et nos fou-rires sont plus nombreux que nos déconfitures !!

J'ai presque fini de tricoter mon pull (pour une fois c'est moi qui gagne la course !!). Pour Pierrot, la première manche est quasi finie mais comme il réfléchi trop et qu'il se dispute avec les consignes de son modèle (il réinventerai les techniques si je ne le surveillais pas ..), son ouvrage est parfait mais pas prêt d'être fini !!

On vous embrasse fort !!

Edwige

Mons

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Berlu des Bois!

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Un petit bout de notre travail : Mise en place de buttes

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Idix ou Rantanplan.. à Malbosc

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La préparation  des buttes avec Paddie, un super chouette wwoofeur anglais. Il s'est improvisé prof d'anglais pour les kids..ils ont appris plein de mots mais tous ne sont pas utilisables en société ;)

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Notre poêle à bois pour les soirées cheminée

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Le coin favori d'Hurlu et Berlu !!

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L'Homme tricote ...super appliqué !!

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Les toilettes sèches avant rénovation..

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Pendant la rénovation : mise en place d'une palette au sol et retouches couture sur le rideau de protection..

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Le village

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Un habitant du coin..pas trop bavard mais sympa comme tout !!

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La vue en ballade ..c'est beau hein !! ;)

 

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Rencontre avec d'autres habitants du coin. Charmants mais très timides!!

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La toiture typique de la région.

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Vers l'ancienne forge...

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....Beau !  y'a pas d'autres mots

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